Image-empty-state.png

Florian Fouché Le Musée antidote, 2012-2014. Détail: au musée du Paysan roumain, la salle « Triomphe »

Florian Fouché

Un musée antidote: le musée du Paysan roumain (Bucarest)

Mercredi 27 novembre 2019

Le musée du Paysan roumain (Bucarest) est devenu entre 1990 et 2002 un lieu d’expérimentation spatiale, au fonctionnement institutionnel inédit. L’ethnologue Irina Nicolau (1946-2002) et l’artiste Horia Bernea (1938-2000) se sont inspirés de procédés et attitudes de l’art actuel pour présenter une collection d’objets paysans. En pleine crise politique post-révolutionnaire, ils ont inventé un musée en perpétuel renouvellement dans lequel l’art paysan se voit mis en scène de façon anti-naturaliste et anti-didactique, laissé à l’interprétation du visiteur. Ce musée tranche radicalement avec les musées où l’on doit « tout supporter : la rumeur qui entoure les objets au nom d’une pédagogie souvent populiste, les excès imposés par les lois de la conservation, la dérive de l’institution vers des procédés médiatiques, et l’indifférence avec laquelle on est traité », comme le disait Irina Nicolau. À l’occasion de sa participation à l’exposition Folklore au Centre Pompidou Metz, Florian Fouché présentera la recherche qu’il a consacré à ce musée (il avait présenté l’exposition Le musée antidote au CAC Passerelle à Brest en 2014 et il publiera un livre prochainement aux éditions L’Arachnéen).

Florian Fouché (né en 1983 à Lyon, vit à Paris) pratique une sculpture associée à des formes photographiques. Son travail prend souvent comme point de départ l’organisation spatiale de lieux spécifiques comme le musée du paysan roumain à Bucarest, l’atelier reconstitué de Brancusi à Paris ou le quartier des martyrs à Tulle. Il travaille actuellement à l’ensemble des « actions proches » à partir d’une recherche sur la tentative des Cévennes du réseau de Fernand Deligny. Diplômé des Beaux-arts de Paris en 2012, il a présenté son travail au Palais de Tokyo, aux Beaux-arts de Paris, au Carré d’art de Nîmes, au musée Unterlinden à Colmar, au CIAP de Vassivière, au SKC (Belgrade), dans l’atelier d’Eustache Kossakowski chez Anka Ptaszkowska… Il participera prochainement à des expositions collectives au Centre Pompidou Metz, au Musée d’art moderne de Varsovie et au CAPC de Bordeaux. Il prépare actuellement un livre sur le musée du Paysan roumain qui sera publié aux éditions L’Arachnéen.

APPEL-ENJALBERT-HOLLEIN.jpg